Woodstock a 50 ans !

woodstock guitariste

Le légendaire festival de Woodstock n’a pas eu lieu dans la ville de Woodstock même, mais à une soixantaine de kilomètres (69 exactement si on veut faire encore plus “tout a un sens” ). C’était dans le champs de Max Yasgur à Bethel, dans l’état de New-York. Le lieu a été choisi à l’origine pour recevoir  50 000 personnes, pendant 3 jours, du 15 au 17 août 1969, mais le festival a finalement accueilli près de 500 000 spectateurs et duré 1 jour de plus, engendrant le plus gros embouteillage de toute l’histoire des Etats-Unis.

Succès hors de contrôle

Les 4 jeunes organisateurs,  Michael Lang, Artie Kornfeld, John Roberts et Joel Rosenman, sont talentueux businessmen de la musique, mais ils furent très vite dépassés. L’impressionnante affluence, massive et inattendue, les contraignent à déclarer le festival gratuit et ouvrir les portes à tous. Au bout d’un jour, la pluie transforme le site en un méga bourbier.

inimaginable mais vrai !

«  Chaque fois que je touchais ma guitare, je prenais une grosse châtaigne. La scène était trempée, et je sentais l’électricité me traversait le corps » raconte Bob  Weir, le leader des Grateful Dead.

Tout ou presque manque et surtout les sanitaires, prévus en nombre insuffisant, ainsi quela nourriture sur le site. Malgré ça et la foule trop importante pour le lieu empêchant l’accès à la scène, rien n’entament le plaisir des festivaliers de communier avec les plus grands groupes musicaux de l’époque. Car ils sont venus pour ça, pour la musique et c’est comme ça que naissent les légendes.

1 Avant et 1 Après Woodstock !

Le « Woodstock Music and Art Fair » (de son nom complet!) a, selon le magazine Rolling Stone, «changé l’histoire du rock’n’roll».

Imaginez ! 32 groupes parmi les plus grandes stars du moment se succèdent pendant 4 jours sur scène : Jimi Hendrix avec sa version électrique de l’hymne américain à grands coups de distorsions rappelant les bombes au Vietnam). Janis Joplin (tellement défoncée qu’il a fallu l’aider à monter sur scène), The Who (Peter Townshend qui vira Abbie Hoffman de la scène à coups de guitare), Credence Clearwater Revival, Joan Baez (enceinte de 6 mois !), Grateful Dead, Jefferson Airplane, Ten Years After, Canned Heat, ou encore Johnny Winter…

Et que dire de la « bombe F » que lança Joe Mac Donald ?

« J’ai crié «Gimme an F !» et je me suit dit “oh mon dieu” par ce qu’ils ont tous arrêtés de parler. Ils m’ont regardé et ils ont crié «F»! Là il fallait que je continue, mais, de toute évidence il m’était plus facile de faire «fuck» que «fish» à se stade. Alors j’ai fait «u» et ils ont enchaîné. Quand j’ai eu fini d’épeler le mot et que je leur ai demandé de le crier, le rythme était établit ! » raconte le leader de Fish.

Le tremplin

Pour certains, comme Richie Havens, Woodstock sera un tremplin de fou. Il va jouer en tout premier, remplaçant au dernier moment le groupe Sweetwater, pris dans les bouchons !

Richie Havens

Sa version improvisée de « Freedom » deviendra l’hymne de toute une génération, un symbole de paix universel et l’un des plus grands moments de transe de l’histoire du rock.

La même pour Carlos Santana, guitariste hors pair mais inconnu à l’époque, dont la prestation fut très remarquée, grâce au solo mémorable de près de 8 minutes, du batteur Michael Shrieve dans «« Soul Sacrifice » qui n’avait que 20 ans, faisant de lui le plus jeune musicien du festoche.

Rampe de décolalge aussi pour Joe Cocker dont la reprise de « With a little help from my friends » des Beatles fut ovationnée ou pour Crosby, Stills et Nash, qui joue ensemble pour la deuxième fois seulement et dont la prestation hallucinante va permettre au groupe de sortir son 1er album dans la foulée.

Qui n’était pas là ?

Plus de légende ? C’était prévu …  Comme Bob Dylan a qui Woodstock voulait pourtant rendre hommage, mais qui refusa pour des raisons assez floues. Il y aurait pu avoir les Rolling Stones, mais leur musique a finalement été jugée trop violente par les organisateurs, ne correspondant pas à l’image « peace and love » du festival.  Woodstock a du se passer des Beatles sur le point de se séparer ou encore des Doors, qui déclinèrent l’invitation parce que Jim Morrison, en pleine crise de paranoïa était convaincu qu’il se ferait assassiner sur scène !

L’héritage

Objectivement, le fait le plus surprenant du festival de Woodstock, c’est l’héritage qu’il a laissé. En effet, Woodstock continue de fasciner aujourd’hui encore, il reste un monument de l’histoire musicale pas seulement américaine, mais mondiale.

Chaque date anniversaire est l’occasion de commémorer le mythique festival à travers des ré-éditions musicales, des albums photos, des films ou bien des reportages. 50 ans après, l’état d’esprit de Woodstock nous parle encore. « Trois jours de paix et de musique. Promène-toi pendant trois jours sans voir un gratte-ciel ou un feu rouge. Fais voler un cerf-volant. Fais-toi bronzer. Cuisine toi-même tes repas et respire de l’air pur ». Voila tout simplement la promesse que faisaient les organisateurs du plus mythique des événements contre-culturel jamais organisé.

à lire : WOODSTOCK 50 , 50 ans après , le festival est annulé